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CHŒUR MONTANSIER

À MÉRÉ… 24 Mars 2012 à 21h., Église Saint Denis

« CHANTS RELIGIEUX ET PROFANES »

LE CHŒUR MONTANSIER

C’est sur le thème du voyage, dans l’espace (Stanford), dans le temps (Vaughan Williams, Pergolèse) et dans le fantastique (Fauré, Berlioz) que le Chœur MONTANSIER, sous la direction de Juliette HÉNAFF, organise le programme de ce concert tout en délicatesse dans les harmonies et les lumières contrastées de la musique vocale polyphonique :

 

LE CHŒUR MONTANSIER

Créé en 1988, dirigé par Juliette HÉNAFF, le Chœur du Conservatoire de VERSAILLES aura donné une centaine de concerts, classiques  (Requiem de Mozart, Messe à 4 Chœurs de M-A Charpentier,  Noces de Stravinski) jusqu’au jour de septembre 2008 où il est invité par Jean–Daniel Laval, directeur du Théâtre Montansier, à poser ses valises sur la belle scène de ce théâtre versaillais. Depuis lors, il réside au Théâtre Montansier et a pris naturellement le nom de CHŒUR MONTANSIER. Il est composé de 35 chanteurs amateurs dont les répétitions hebdomadaires se déroulent au sein même du Théâtre Montansier de Versailles.

Cet ensemble vocal enrichit chaque année son répertoire d’un projet musical original. Dans le prolongement des opéras Cavalleria Rusticana de Mascagni en 2007 et Cendrillon de Massenet en 2008, il a interprété les musiques du Marchand de Venise de Shakespeare en 2009, composées par Sylvain Audinovski. En 2010, ce sera « Dite le moy, je vous prie », spectacle de chansons françaises, Renaissance, Berlioz, Fauré, avec mise en espace de Anne Ruault. En 2011, le CHŒUR MONTANSIER continue d’apporter son concours musical aux créations de la Compagnie de la Reine avec les quinze représentations de  l’ « Opéra de Quat’Sous », de Bertolt Brecht et Kurt Weill, mise en scène de Jean-Daniel Laval qui réalisa une belle intégration scénique du chant, qui complète la vocation classique du CHŒUR MONTANSIER.

Depuis mai 2010, le Chœur Montansier organise chaque année, en partenariat avec le Théâtre Montansier, les Rencontres Chorales de Versailles, qui accueillent des chorales françaises et étrangères pour un week-end de concerts de tous styles. Fin 2011, pour célébrer un Noël convivial et rassembler les énergies vocales de la Ville de Versailles, le Chœur Montansier invite six autres chorales versaillaises sur la scène du Théâtre Montansier pour monter un spectacle autour des Noëls du monde, mis en scène par Anne Ruault et intitulé C’est Noël, mes bons amis.

JULIETTE HÉNAFF, CHEF DE CHŒUR

Munie de divers diplômes musicaux (dont un premier prix de piano, et le CA de Formation Musicale), Juliette Hénaff commence à l’âge de 20 ans sa carrière de professeur au Conservatoire National de Région de Versailles.  Sa passion de l’enseignement, qui lui a été communiquée par Maurice Martenot, l’incite à s’ouvrir sur d’autres musiques :
– Folklore sud-américain (où elle joue de la guitare)
– Musique ancienne (flûte à bec et viole de gambe)
– Lieder romantiques (piano)
– Opérettes (Les Brigands et Orphée aux Enfers d’Offenbach, dont elle assure la direction musicale)
– Théâtre musical (trio de comédiennes-chanteuses Les Z’Acoustiques)
Elle s’initie en 1978 à la direction de chœur, qu’elle ne pourra plus quitter et qu’elle n’aura de cesse de perfectionner. Du quatuor au grand chœur, elle aborde tous les types de formations .
Elle crée en 1981 l’Ensemble Vocal Doux Octobre, puis en 1988 le Chœur du Conservatoire de Versailles, en 2001 le Chœur Junior du Conservatoire, en 2004 la chorale de l’ATSCAF (Trésorerie Générale des Yvelines), en 2008 le Chœur Montansier.
Outre les stages ponctuels en région parisienne (Chœur-Tremplin à Versailles, chœur éphémère à Viroflay et Fontenay-le-Fleury), elle anime deux stages de chant choral chaque année dans la Drôme et dans l’Hérault. Elle dirige actuellement le Chœur d’Étoiles de Jouy-en-Josas, les Trésors de Versailles (répertoire de chansons) et le Chœur Montansier.

Fantasia on Christmas Carols, de Ralph VAUGHAN WILLIAMS

La première œuvre que nous entendrons sera d’un compositeur contemporain qui s’est éteint en 1958, Ralph VAUGHAN WILLIAMS. Fort apprécié Outre-Manche où il exerça une réelle influence au même titre que HOLST, WALTON ou DELIUS, il est fort peu connu chez nous. À l’origine, cette œuvre était écrite pour un baryton accompagné d’un chœur et d’un orchestre. Dans les décades qui suivirent sa création en 1912, l’orchestre fit place à un orgue soutenu par des violons puis, très souvent, à un piano.
Cette « Fantaisie sur un chant de Noël » ne comporte qu’un mouvement et ne dure qu’un quart d’heure à peine et réunit trois chants traditionnels (« The truth sent from above », « Come all you worthy gentlemen » and « On Christmas night all Christians sing ») que le compositeur puisa dans le folklore du sud de l’Angleterre et auquel il interposa d’autres citations de chants de Noël. C’est d’ailleurs une caractéristique de ce compositeur qui publia un recueil de chants traditionnels parmi lesquels il inscrivit certaines de ses compositions directement inspirée par ce qu’il avait entendu.
Cette fantaisie est allègre et bon enfant avec un jeu sur les harmonies très peu surprenant. En 1914,Ralph VAUGHAN WILLIAMS partit sur le front de la Grande Guerre comme brancardier et fut, comme tous ceux qui en revinrent, fort marqué. Ses compositions (dans tous les genres, symphonies, musiques de ballet, opéras, concertos…) devinrent plus sombres avec des effets de dissonance extrêmement accentués.
La voici, interprétée par le Chœur MONTEVERDI et l’orchestre philharmonique de Würzburg…

Les DJINNS, de Gabriel FAURÉ

C’est en 1875 que Gabriel FAURÉ s’est servi de l’un des quarante et un poèmes des Orientales de Victor Hugo, les Djinns, pour composer cette pièce chorale. Dans ce recueil de poèmes paru en 1828, Victor HUGO déchaîna le flamboiement son imagination en brisant les règles de la poésie classique et en multipliant le jeu de l’inventivité verbale et de la diversité rythmique. FAURÉ a suivi avec finesse la particularité d’écriture du grand poète qui usa dans ce poème de la longueur des vers pour créer un effet de crescendo suivit d’un decrescendo qui suggère le brusque passage des Djinns dans le ciel nocturne, dans un déchaînement qui, d’une paix profonde monte à un déchirement de tempête suivi d’une retombée progressive dans le silence de la nuit.
C’est la mythologie arabe qui situe les Djinns, les esprits du vent et forces surnaturelles, mortelles et mystérieuses, tout autour de nous. Ils sont susceptibles de se montrer à nous, de nous parler, de nous influencer, en bien comme en mal suivant la « tribu » à laquelle ils appartiennent. Pour cela, ils prennent toutes sortes de formes monstrueuses ou superbes et malheur à ceux qui veulent les utiliser à leur avantage et pour des buts contraires aux règles édictées par Dieu…
FAURÉ n’est pas le seul à avoir été séduit par ce poème… César FRANCK en fit une adaptation pour piano et orchestre en 1884 et, très récemment, c’est Thierry ESCAICH qui s’y est essayé pour voix seule et orchestre dans « Les Nuit Hallucinées »
Voici ce texte mis en musique par Gabriel FAURÉ, chanté par le Chœur de l’Université de Fang-Pei à TAIWAN…

Et voici le texte intégral de Victor HUGO. Les vers en rouge ont été coupés par Gabriel FAURÉ qui a dû considérer le « sommet paroxystique » un peu long pour la musique. Visuellement, on mesure l’effet que le poète a voulu créé par cette rythmique enflant jusqu’à un plateau puis s’apaisant jusqu’au silence…

Voici le texte intégral de Victor HUGO, les vers en rouge ont été coupés par Gabriel FAURÉ. Visuellement, on mesure l’effet que le poète a voulu créé par cette rythmique enflant jusqu’à un plateau puis s’apaisant jusqu’au silence…

Murs, ville
Et port,
Asile
De mort,
Mer grise
Où brise
La brise
Tout dort.
Dans la plaine
Naît un bruit.
C’est l’haleine
De la nuit.
Elle brame
Comme une âme
Qu’une flamme
Toujours suit.
La voix plus haute
Semble un grelot.
D’un nain qui saute
C’est le galop.
Il fuit, s’élance,
Puis en cadence
Sur un pied danse
Au bout d’un flot.
La rumeur approche,
L’écho la redit.
C’est comme la cloche
D’un couvent maudit,
Comme un bruit de foule
Qui tonne et qui roule
Et tantôt s’écroule
Et tantôt grandit.
Dieu ! La voix sépulcrale
Des Djinns !… – Quel bruit ils font !
Fuyons sous la spirale
De l’escalier profond !
Déjà s’éteint ma lampe,
Et l’ombre de la rampe..
Qui le long du mur rampe,
Monte jusqu’au plafond.
C’est l’essaim des Djinns qui passe,
Et tourbillonne en sifflant.
Les ifs, que leur vol fracasse,
Craquent comme un pin brûlant.
Leur troupeau lourd et rapide,
Volant dans l’espace vide,
Semble un nuage livide
Qui porte un éclair au flanc.
Ils sont tout près ! – Tenons fermée
Cette salle ou nous les narguons
Quel bruit dehors ! Hideuse armée
De vampires et de dragons!
La poutre du toit descellée
Ploie ainsi qu’une herbe mouillée,
Et la vieille porte rouillée,
Tremble, à déraciner ses gonds.
Cris de l’enfer ! Voix qui hurlent et qui pleurent !
L’horrible essaim, poussé par l’aquillon,
Sans doute, o ciel ! s’abat sur ma demeure.
Le mur fléchit sous le noir bataillon.
La maison crie et chancelle penchée,
Et l’on dirait que, du sol arrachée,
Ainsi qu’il chasse une feuille séchée,
Le vent la roule avec leur tourbillon!
Prophète! Si ta main me sauve
De ces impurs démons des soirs,
J’irai prosterner mon front chauve
Devant tes sacrés encensoirs!
Fais que sur ces portes fidèles
Meure leur souffle d’étincelles,
Et qu’en vain l’ongle de leurs ailes
Grince et crie à ces vitraux noirs !
Ils sont passés! – Leur cohorte
S’envole et fuit, et leurs pieds
Cessent de battre ma porte
De leurs coups multipliés.
L’air est plein d’un bruit de chaînes,
Et dans les forêts prochaines
Frissonnent tous les grands chênes,
Sous leur vol de feu pliés !
De leurs ailes lointaines
Le battement décroît.
Si confus dans les plaines,
Si faible, que l’on croit
Ouïr la sauterelle
Crier d’une voix grêle
Ou pétiller la grêle
Sur le plomb d’un vieux toit.
D’étranges syllabes
Nous viennent encor.
Ainsi, des Arabes
Quand sonne le cor,
Un chant sur la grève
Par instants s’élève,
Et l’enfant qui rêve
Fait des rêves d’or.
Les Djinns funèbres,
Fils du trépas,
Dans les ténèbres
Pressent leur pas;
Leur essaim gronde;
Ainsi, profonde,
Murmure une onde
Qu’on ne voit pas.
Ce bruit vague
Qui s’endort,
C’est la vague
Sur le bord;
C’est la plainte
Presque éteinte
D’une sainte
Pour un mort.
On doute
La nuit…
J’écoute :
Tout fuit,
Tout passe;
L’espace
Efface
Le bruit.

Le BALLET des OMBRES, HECTOR BERLIOZ

Parmi les travaux qui permirent au jeune BERLIOZ de conforter son apprentissage musical, figure ce Ballet des Ombres pour Choeur et piano qui témoigne de l’audace du compositeur et de son imagination sensible à l’humeur du temps. Il l’a écrit d’après un texte de Albert-Marie DUBOIS qui reposait sur un poème de l’allemand HELDER, en 1829, à 26 ans, juste après les Huit Scènes de Faust. Ces deux œuvres qui sont les premières qu’il publia furent étiquetées par l’artiste lui même Opus N°1 pour les Huit Scènes, marquant le Ballet N°2.

Dans les six mois qui suivirent, BERLIOZ courut Paris pour en recueillir toutes les copies et les détruire. Il en resta cependant une que l’on retrouva dans une collection privée à l’aube du XX° Siècle. Et très honnêtement, BERLIOZ n’avat nulle raison devoir honte de sa composition dont l’étrangeté et le caractère « sorcier » saute parfaitement aux oreilles. À preuve qu’il ne désavouait pas totalement ses premiers opus c’est qu’il en réutilisa certains thèmes dans des œuvres postérieures.

C’est la lecture du poème du mentor de Goethe qui devint rapidement son concurrent, Johann HERDER, qui embrasa l’imagination de BERLIOZ et qui lui fit demander à DUBOIS d’en faire cette adaptation. Elle décrit une danse lancinante d’Esprits, thème récurrent dans la poésie romantique et dans le fantastique anglo-saxon qui sans cesse mêle les fantômes aux vivants et ouvre, entre eux, des passerelles surnaturelles.

Formez vos rangs, entrez en danse
L’ombre descend, le jour s’enfuit.
Ombres, votre règne commence
Dans la sombre horreur de la nuit.
Lorsque le souffle des orages
Agite les vertes forêts,
Il vient aussi dans nos bocages
Faire frémir les noirs cyprès.

Formez vos rangs, entrez en danse,
Ombres, prenez-vous par la main,
Troublez cet auguste silence
Qui règne sur le genre humain!
Pour les rangs point de jalousie,
Ombres de bergers et de rois!
Oubliez que l’orgueil, l’envie
Vous divisèrent autrefois!

L’un n’éprouva que des traverses;
Dans le bonheur l’autre vécut.
Tous ont pris des routes diverses
Pour venir tous au même but.
Ombres, oubliez de la terre
Et les plaisirs et les travaux!
Formez une danse légère
Qui courbe à peine les pavots!

Formez vos rang, entrez en danse!
Mais la lune se lève et luit.
Gagnons l’Élysée en silence,
Et rendons le calme à la nuit!
Mortels, lorsque dans les nuits sombres
Notre voix vous réveillera,
Songez bien qu’à la voix des ombres,
Un jour, la vôtre s’unira!

Pourquoi nous craindre, enfants des hommes?
Ce que vous êtes nous l’étions,
Et vous serez ce que nous sommes.
Au revoir! nous nous reverrons!

Voici donc (sans images et avec un son de mauvaise qualité) ce « Ballet des Ombres », interprété par ​ le Choeur Mixte Universitaire de Lyon. Pour excuse, disons que son interprétation est rare ce qui rend son exécution par le chœur MONTANSIER d’autant plus précieux !

Laudate Pueri Dominum de Jean-Baptiste PERGOLÈSE

MONTEVERDI, HAYDN, VIVALDI, LULLY, MENDELSSOHN et bien d’autres ont écrit des « LAUDATE PUERI DOMINUM », le Pasaume 112 qui vient de l’Ancien Testament.
Jean-Baptiste PERGOLÈSE, presque à la fin de sa courte carrière, alternant musique sacrée et profane mais avec toujours cette inspiration quasi divine, livra ce « Laudate pueri » qui se fit aussitôt remarquer par sa pureté et son souffle mystique… Il n’eut évidemment pas le retentissement de son opéra La Serva Padrona (la servante maitresse) qui fera un triomphe à Paris en 1752 et déclencha la fameuse querelle des Anciens et des Modernes, celle qui se perpétue constamment entre ceux qui ont soif de nouveau et les autres qui se régalent de la répétition immobile…
Le voici dans son intégralité, interprété par le Chœur du 700 Italien sous la direction de Alfredo SORICHETTI avec pour soprano Stefania DONZELLI.

 

Music Makers de Edward ELGAR

C’est en 1912 que Edward ELGAR créa ce « MUSIC MAKERS » (les faiseurs de musique…), pour mezzo-soprano (ou contralto), chœur et orchestre, reprenant les stances d’un poète tout à la fois spécialiste des serpents – un herpétologiste – et novateur, Arthur O’SHAUGHNESSY qui, comme son nom l’indique parfaitement, avait des ancêtres irlandais. O’SHAUGHNESSY marqua l’Histoire presque uniquement par ce poème qui figurait en première place et sous le titre de « ODE », dans un recueil qu’il publia à trente ans, Music and Moonlight. La seule chose qu’il fit éditer ensuite fut un recueil d’histoires pour enfants, écrit avec son épouse, fille de l’écrivain John MARSTON. Et cette « ODE » avec ses neuf stances que l’on réduit généralement aux trois premières, reste la poésie de référence que tout anglais bien né, bien éduqué connaît par cœur – comme chez nous, le « Corbeau et le Renard »
ELGAR avait composé en 1900 une œuvre tout à fait étrange, The Dream of Gerontius qui, bien qu’inspiré par un texte d’un cardinal catholique, ce qui remua les anglicans de bon teint, connut un grand succès, si important qu’il franchit les eaux de la Manche et fut représenté en Allemagne, à Vienne, à Paris et à New York. Cet oratorio d’une grande beauté et d’une parfaite solidité technique, raconte le voyage d’une âme, celle de Gerontius, au moment où elle se délivre du corps qu’elle animait jusqu’à Dieu dont elle ne peut supporter la vue et supplie à aller au purgatoire.
Trois ans plus tard, fort de ce succès et cherchant à le renouveler, ELGAR se mit au travail sur le texte de cette « ODE » qu’il conserva dans son entièreté. Sans doute était-il quelque peu fasciné par ce poème puisque ce fut de son propre chef qu’il entreprit cette composition, reprenant en citation des notes de The Dream of Gerontius, de Sea Pictures, de ses deux premières symphonies et même de La Marseillaise… Il ne fait pas de doute que ELGAR, qui a lutté jusqu’à ses quarante ans pour gagner, malgré sa qualité d’autodidacte qu’on lui opposait en défaut, une audience remarquable – ce qu’il obtint avec les Variations Enigma – a été séduit par le thème de cette « ODE » qui dépeint la solitude du créateur et sa place dans la société qui, dans une conscience trouble, a du mal à reconnaître qu’elle en a besoin.
Voici les premiers vers les plus célèbres qui appartiennent à la première stance, chantés par Janet Baker, le London Philharmonic Orchestra et son Chœur dirigés par Sir Adrian BOULT…

We are the music makers,
And we are the dreamers of dreams,
Wandering by lone sea-breakers,
And sitting by desolate streams;—
World-losers and world-forsakers,
On whom the pale moon gleams:
Yet we are the movers and shakers
Of the world for ever, it seems.

The Songs of The Fleet de CHARLES VILLIERS STANFORD

Charles Villers STANDFORD est également un compositeur et aussi peu joué en France que VAUGHAN WILLIAMS. Pourtant tous les pratiquants anglicans l’entendent régulièrement sous les voûtes de leurs églises. Il a en effet composé de nombreuses musiques sacrées dont deux oratorios, un Requiem et un Stabat Mater.
Cet artiste est d’origine irlandaise. Il est né à Dublin mais, dès l’âge de dix ans, a vécu à Londres pour perfectionner ses dons musicaux qui étaient manifestes, sans doute éclos parce qu’il a toujours baigné dans la musique : son père chante, sa mère est pianiste. À 18 ans, il entre au Queen’s College de Cambridge. Trois ans plus tard, tout en poursuivant les études de Droit que son père lui imposait, il devint l’organiste appointé du Trinity College et chef des deux chorales qu’il réunira sous le nom familier aux anglais de CUMS, Cambridge University Musical Society. De là, il franchira tous les obstacles universitaires pour devenir professeur de musique à cette Université.
Entretemps, il aura voyagé en Europe continentale et découvert la musique contemporaine des allemands (Wagner, Brahms) et des français (Offenbach, Meyerbeer). Il restera très orienté sur la musique nouvellement créée et sera un précurseur dans ses propres compositions. À ce titre, il fut certainement l’un des plus fort moteurs de la renaissance de la musique anglaise à la fin du 19° Siècle.

C’est lui qui introduisit l’orgue de façon conséquente dans les chorales anglaises, soufflant par la même une vitalité nouvelle à une tradition obsolescente. Il a beaucoup écrit pour les chœurs amateurs né de la Révolution industrielle, chœurs qu’il réunissait dans de grands festivals. Par ailleurs, il écrivit dix opéras, réveillant la scène anglaise et certaines de ses pièces soutiennent la comparaison avec celle du grand madrigaliste PURCELL…
Professeur simultanément au Royal College of Music et à Cambridge pour presque 40 ans, STANDFORD a donc joué un rôle essentiel comme compositeur et comme dans l’épanouissement de la musique victorienne et des artistes comme HOLST ou VAUGHAN WILLIAMS lui doivent beaucoup.
Ces SONGS OF THE FLEET ont été écrits en 1910 et sont venus venus compléter The Songs of The Sea. Les voici interprétés lors du Northport Choral Festival de 2010, sous a direction de Simon CARRINGTON, avec Vaughn FRITTS, baryton et Deborah JENKS au piano.


À propos de l’influence exercée dans le chant choral par STANDFORD, voici, lors de la célébration du Huit centième anniversaire de l’Université de Cambridge le Nunc Demitis en la majeur…

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